La Frontière: 1ère explication de texte du Chap I

explication de texte

Cette explication de texte du chapitre 1 de La Frontière, se fera en plusieurs articles.
Je montrerai ici thèmes les plus importants, du point de vue du fond (thèmes…) comme de la forme (les figures de style). Ces thèmes, on les retrouve tout au long du roman.

Explication de texte : le personnage de Miléna

Internée dans une cellule d’isolement, sans effet personnel, avec juste une blouse pour pyjama, la jeune femme souffre d’hallucinations.

L’explication de texte montre, par le biais de procédés littéraires, les manifestations de sa folie.

On note le champs lexical de la glace (champs lexical : ensemble de mots -verbes, noms, adjectifs-  se rapportant à un même thème.) Ce champs est récurrent jusqu’au chapitre 3.

  • explication de texteLa Glace

Le mot banquise est répété plusieurs fois p3, p5 puis d’énormes glaciers p 3 , iceberg p 4,  plaques de givre p 5.

Ces métaphores, même si ce sont des hallucinations, symbolisent la solitude, le froid intérieur que ressent Miléna. La solitude, le mal-être atteignent leur paroxysme avec la phrase p5 : Je suis une banquise moi aussi, une banquise qui s’effrite.
Au début du texte, Miléna était assise sur une banquise ; là, elle est prisonnière de ce monceau de glace, autrement dit d’elle-même.

  • Les voix

Elles sont l’expression d’une maladie  mentale ou d’une profonde angoisse: p 3 J’entends des voix dans ma tête ; des voix tranchantes comme des lames de rasoir.

Ces voix que Miléna ne peut contrôler, sont dangereuses : notons le champs lexical de la coupure: lames de rasoir p 3 puis des verbes coupe et tue . J’entends des voix (…) des voix tranchantes comme des lames de rasoirs. C’est pour cela qu’on m’a placée dans cet hôpital. Pour éviter que je  me coupe ou que je me tue.

Les voix qui hantent l’esprit de la jeune femme comme tout autre bruit dans l’hôpital, sont forcément fortes et destructrices  ainsi :  Le ciel essaie d’y entrer mais elle le repousse avec une telle hargne, une telle cruauté que parfois entre deux entrebâillements, je l’entends ricaner. p 3
La personnification de la  fenêtre (ricane) accentue la puissance des voix, des sons. La folie de Miléna résonne dans toute la cellule.

  • Les écrevisses

Le mot écrevisse évoque un pincement, un raclement, une déchirure. Il est important de noter pour la suite du commentaire, que les écrevisses se nourrissent de matière organique qu’elles prennent des sédiments*.

Miléna se bat contre elles, contre ses hallucinations : Les écrevisses ont attaqué toute la nuit. Leurs pinces griffaient ma peau et leurs gros yeux noirs fouillaient mon cerveau.p 3
Miléna ne peut pas lutter contre ces crustacés qui la dévorent peu à peu : notons p 7 les verbes se jettent (sur moi), grignotent (ses membres), puis l’engloutissent . Chaque soir, elles reviennent l’attaquer, surgissent des murs de la cellule.

  • Le gouffre

Tout dans l’hôpital psychiatrique de la Frontière, représente un gouffre, une structure qui détruit les patients en les avalant.
Quelques exemples : 

L’hôpital : Dans cet hôpital, le jour, la nuit m’avalent, me vident de mes dernières forces p 5

Mme Cuvier : (…) elle a des yeux méchants comme des gouffres avides qui vous aspirent et vous avalent. p 3

La plaquette de beurre : Est-ce qu’elle sait que la plaquette de beurre, si petite soit-elle, va lui sauter dessus et l’engloutir ?(…)qu’elle dévorera son  visage ? p 6

Les écrevisses : (…)c’est sans appel : elles ont déjà avalé la nuit.p 7

Ainsi Miléna en proie a des hallucinations, n’est plus qu’un corps sans vie. Pour le milieu hospitalier, elle n’est qu’un pion.
Avez-vous remarqué que son prénom n’est dévoilé qu’à la page 10 ? Et c’est elle, qui le dit, en évoquant un souvenir d’enfance  Tiens, voilà Miléna la tocquée!  ou plu loin :
Un an que je suis dans cet hôpital et jamais personne ne  m’a appelée par mon prénom p10. Le corps médical l’appelle Mademoiselle, comme bon nombre de patientes. p 10.

Cette explication de texte à permis de mettre en lumière le personnage complexe de Miléna, à fois fragile et forte qui lutte pour sa survie dans l’enfer psychiatrique.

 

Photo à la une : Nana Saila Törnebladh, ma fée finlandaise

4 Comments
  • Claudine
    juillet 15, 2015

    Un seul mot : bravo !
    Quoi de plus difficile comme exercice pour un écrivain de réaliser une étude de style du premier chapitre de son propre roman…
    Mais le pari est réussi et on reconnaît là tout votre talent, chère Lucie.
    Encore bravo !

    • Lucie
      juillet 15, 2015

      Claudine, ça me fait très plaisir ! Vous avez tout compris ! youpi !

  • Jean Marc Martel
    juillet 21, 2015

    Bravo pour tous ces efforts qui décrivent bien ce que peut ressentir un être humain. Je ne peux pas vous suivre sur Twitter car je suis bloqué ayant atteint le maximum des contacts. Dès que possible je vous suivrai. Bravo encore!

    • Lucie
      juillet 21, 2015

      C’est gentil; je suis justement en train d’écrire la seconde étude littéraire pour mercredi prochain.

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